Mickael Vivier

Châsse [2012]
structure en bois, métal, plâtre

Dans une structure de bois figurant un reliquaire ajouré, adapté comme beaucoup de châsses médiévales à ce qu’elle contient, par mimétisme de forme, apparaît une main, conservée par un fidèle comme reste sacré d’un personne disparue et sainte. Or la valeur des reliques venait de leur contemplation mais aussi de leur contact ; les Antonins d’Issenheim, par exemple, dépositaires des restes de saint Antoine, trempaient ses os dans un onguent, sûrs des vertus thaumaturges de ces restes.
Ici, le reliquaire est anthropophage. Tendue, la main dotée d’un étonnant degré de conservation, ce membre coupé à la matière plâtreuse, pâlie par la mort mais constellée de détails épidermiques, appelle un mouvement symétrique de la part du fidèle. Mais les dents de l’installation, réponse carnivore au geste de vénération, abiment l’espoir de miracle que fait naître le possible toucher de l’idole. À moins que le collectionneur ne soit cannibale, et que, voulant consommer l’objet de sa dévotion, il ne s’y trouve à son tour amputé du bras, cannibale cannibalisé...

texte : Audrey Teichmann

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